À rivière Froide, des citoyens habitent  dans une ravine
"KA SALE"

À rivière Froide, des citoyens habitent dans une ravine

À « KA SALE », un quartier de rivière Froide, 11ème section de la commune de carrefour, des citoyens construisent des maisonnettes au beau milieu d’une ravine. Ces habitants sont très vulnérables aux désastres  naturels. 

9h Am. Nous sommes dans la station de rivière Froide à St Charles. Les comionnettes sont à la queu leu-leu. Certains chauffeurs s’atrouppent. Vêtements crasseux, chaussures éculée, les « bèf chèn » (des jeunes qui appellent des passagers pour remplir la voiture) sont à pied d’oeuvre. Dans  les camionettes les passagers sont entassés comme des sardines. La distanciation physique n’est pas respectée.

9h 10, la voiture est déjà en marche. Direction Rivière Froide. La route menant dans cette région de la commune de carrefour est poussiéreuse. À certains endroits, de vielles voitures sont stationnées au bord de la route.  Au bout d’une vingtaine de minutes, nous voilà au pont de Rivière Froide. Des chauffeurs de taxi moto y stationnent en attente de clients. Ce pont sert aussi de marché. À même le sol, des marchands étalent leurs marchandises. À deux (2) minutes du pont, à droite, se trouve la localité de « KA SALE ».

L’entrée du quartier est presqu’inaccessible. Pas de route. Pour pénétrer la zone, les citoyens frayent des chemins dans la rivière qui depuis un bon bout de temps est à sec. Dès qu’on rentre dans cette localité, on peut vite remarquer que la vie y est difficile. Au beau milieu d’une ravine où vaguent des porcs et d’autres animaux, les citoyens érigent des taudis pour habiter. Les ordures et les alluvions apportés par la ravine lorsqu’elle est en crue servent de décoration aux  maisonnettes. Le tableau est alarmant.

Marie Henry Lucie est membre du conseil d’administration de la section communale. C’est elle qui nous sert de guide dans le cadre de cette visite.  Sa maison se situe à environ cinq (5) minutes de la ravine. La responsable avoue être impuissante face à cette situation. Le conseil lance toujours des appels aux citoyens, mais, sans effet dit-elle.  » Le CASEC  interdit aux citoyens de construire dans  la ravine, mais ils ne respectent pas les instructions », regrette Marie Lucie. « Mwen pa pa ka pi renmen vi yo pase yo », lâche -t-elle.

Il va être bientôt midi. Le soleil est haut dans le ciel. La ravine dégage une odeur puante. Cela semble ne pas déranger les riverains, car ils la respirent quotidiennement.

Lors des intempéries, les habitants de ladite zone ont tous les problèmes du monde. Livrés à eux-mêmes, ils ne savent même pas à quel saint se vouer.

À « KA SALE », les citoyens semblent se résigner. Ils sont à la merci de Dieu.  « L’Etat ne peut rien faire pour nous ici, seul  Dieu peut dire un mot pour nous sauver ici », a lancé un citoyen sur un ton résigné.

Les risques de catastrophes naturelles comme inondations, glissement de terrain sont très fréquents en Haïti.

La localité de « KA SALE » représente en ce sens un véritable danger pour les personnes  qui y vivent. Les autorités municipales de leur côté, font semblant de ne pas voir ce que cette situation peut générer comme conséquence. Si on est en pleine période cyclonique, aucun message visant à sensibiliser la population n’est remarqué à Rivière Froide, notamment à « KA SALE ».

Un reportage de Peterson Luxama

Cet article a 1 commentaire

  1. 007

    Quelle triste situation!
    Ça crève le cœur!
    Hélas!

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