Assassinat de l’inspecteur Jones Lagrandeur : des manifestants réclament justice
Inspecteur Jones Lagrandeur

Assassinat de l’inspecteur Jones Lagrandeur : des manifestants réclament justice

Plusieurs dizaines de personnes ont manifesté Jeudi 15 Août 2019 à travers les rues d’Anse-à-Galets pour réclamer justice, après l’assassinat de l’inspecteur Jones Lagrandeur. Ce dernier abattu à Lalue, le 7 août 2019, était en voyage dans la Capitale d’Haïti pour la correction des copies des examens de la 9e année fondamentale.  

« Si w wè n nan lari, se Jones yo tire, si w wè n nan lari enspektè m yo tire », ont scandé les manifestants. Ils ont eu aussi avec eux une banderole sur laquelle on pouvait lire : « Justice en faveur l’inspecteur Jones Lagrandeur ». Bas-asile, Magasin, Morne-à-l’eau sont entre autres villes parcourues par cette foule constituée en majorité de professeurs et de citoyens de la communauté.

Avec plus de 30 ans d’expérience dans le domaine éducatif à la Gonâve, Louis Pierre-Louis est l’un des plus anciens inspecteurs de l’île. Ne pouvant pas fouler le macadam avec les protestataires, c’est en appuyant sur la clôture de sa maison qu’il s’est exprimé. « C’est une blessure pour nous au Bureau. Notre collègue faisait très bien son travail », regrette-il, invitant les autorités à un meilleur traitement des professeurs publics.

« Nous, citoyens conséquents, disons à l’Etat haïtien que nous n’en pouvons plus », peste Amos Toussaint, l’un des organisateurs du mouvement.

Assassiné à Lalue, il y a plus de 7 jours, M. Lagrandeur était en déplacement à Port-au-Prince pour participer à la correction des copies des examens de la 9e A.F. Comme il le fait depuis son entrée en fonction comme inspecteur du district scolaire gonâvien (2e cycle). Une politique de centralisation de l’Etat haïtien que dénonce le natif de Pointe-à-Raquette, Amos Toussaint.  « Nous avons assez de gonâviens compétents pour corriger les feuilles d’examen pour le cycle fondamentale », s’insurge-t-il sous ses dreadlocks. « Mais à trop vouloir renforcer la corruption, l’Etat oblige certains de ses cadres à risquer leur vie quotidiennement », poursuit-il. « Ce n’est pas un voyou ni un délinquant, encore moins un vagabond qui est mort. Cet homme dévoué luttait pour une meilleure éducation sur l’île gonâvienne», balance Amos Toujours.

La marche a abouti devant les locaux du commissariat ansois, qui peine encore à être reconstruit. Les protestataires n’entendent pas baisser les bras. Ils annoncent deux nouvelles journées d’activités en hommage au défunt les 23 et 24 août qui vont précéder les funérailles, le 25 août prochain. 

En Haïti, la justice est extrêmement faible ou presqu’inexistante. Beaucoup de valeurs haïtiennes (Jean Dominique, Jacques Roche) sont assassinées de la même façon et les assassins restent impunis. Et le discours des autorités judiciaires est toujours la suivante : l’enquête se poursuit. Reste à savoir si les meurtriers dudit inspecteur seront sanctionnés par la loi.

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Charlemagne Deshommes

Je suis rédacteur en chef de "La Nouvelle" et animateur d'Esperance Magazine à Radio Esperance.

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